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les aventures de Pape Sidy : Tom 1 : Les couleurs de la conscience

les aventures de Pape Sidy : Tom 1 : Les couleurs de la conscience
Re: les couleurs de la conscience
Auteur: garika
Date: 03-08-2006 11:45

trop tard, je suis completement mordu...
Merci KRISSA

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: balade
Date: 03-08-2006 12:58

hum !!! tres cool chez KRISSA, je m'abonne !

25-30

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: that's me
Date: 03-08-2006 13:18

Hold on !!!

35-40

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 16:06

Avez vous des enfants ?

- Non.

-Avez vous fait le service militaire?

- Non.

- Avez-vous déjà été condamné ?

- Non.

- Bien cette affaire vient pour la première fois. Je dois vous informer que vous avez le droit de demander le renvoi pour constituer un Avocat à moins que vous ne veuillez

être jugé aujourdh'ui.

- Je ne constitue pas d'Avocat.

- Vous consentez dons à être jugé aujourd'hui et maintenant ?

- Oui Monsieur le Président.

- Bon soit. Mais dites moi, pourquoi ne voulez - vous pas constituer un Avocat ? Vous n'en avez pas les moyens ?

- Je ne veux pas constituer d'Avocat, c'est tout.

- Est ce que vous mesurez les risques que vous prévenez ?

- Cela veut- il dire que si je constitue un Avocat, je ne cours aucun risque ?

- Ce n'est pas ce que je veux dire mais je vous le conseille.

- Non merci Monsieur le Président, je considère que dans un procès comme celui-ci, un Avocat n'est qu'une caution, un faire valoir à la décision que le Tribunal rendra. Je préfère assumer ce que j'ai fait et que le Tribunal lui aussi assume sa décision sans être dans le confort de justifier sa décision par la présence d'un Avocat.

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: moictou
Date: 03-08-2006 16:09

ça valait la peine de rester quelmques petites minutes au bureau.
J'ai eu droit à un autre épisode
T'en fais pas je vais voir ce que je peux faire avec Tonton Samuel

25-30

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 16:28

Que voulez-vous dire par un procès comme celui-ci ?

- Je ne me trompe pas un seul instant Monsieur le Président , mon procès est bien un procès politique.

- Je vous dirai tout à l'heure, les préventions qui pèsent sur vous et vous verrez que cela n'a rien de politique.

- Je sais un procès politique.

D'ailleurs jene veux pas d'un procès conventionnel où les débats vont porter sur des articles du Code Pénal . Je relève du reste que vous me conseillez de constituer un Avocat, j'en déduis que si un conseil est nécessairement bon, il y a une justice à deux visagess parce que les prévenus qui ne peuvent pas constituer d'Avocats seront toujours moins bien jugés que ceux qui en ont.

- Ce n'est pas cela que je voulais dire. Je voulais simplement user de mon pouvoir de demander au Bâtonnier de vous constituer d'office un Avocat au cas où vous le souhaiteriez. Mais passons.

Je m'en vais vous lire les faits qui vous sont reprochés, vous êtes prévenu, d'avoir à Dakar, en tout cas depuis un temps non prescrit, commis des infractions d'attroupement
sur la voie publique, d'avoir participé à une manifestation non autorisée et dans les mêmes circonstances de temps et de lieu porté atteinte à l'ordre public et opposé une rebellion aux forces de l'autorité publique. Ces faits sont prévus et permis par les articles 92 et 8, 185 et 8 du Code des Contraventions et du Code Pénal. Reconnaissez - vous les faits qui vous sont reprochés ?

- Non Monsieur le Président, je ne les reconnais pas.

Bien, ce vendredi 12 Avril, après la prière, vous étiez bien avec d'autres personnes sur la voie publique, des personnes venues répondre à l'appel de certains intellectuels?

- Je dirai plûtot que ce Vendredi là, après la prière, j'étais sur la voie publique parce que je pouvais pas me trouver ailleurs après être sortie de la mosquée. Maintenant, par la nature publique de la voie publique, il est possible et normal que d'autres citoyens avec qui je suis nécessairement contraint de la partager , puissent se trouver à côté de moisans que nous nous connaissons, ni que nous échangions des propos, et encore moins que notre volonté fut de constituer un quelconque attroupement sur la voie publique. Il est normal pour un citoyen d'être sur la voie publique comme cela l'est aussi pour les autres. Alors qu'ils soient tous, en même temps sur la voie publique et un endroit déterminé n'est pas forcément un attroupement. Pour moi l'attroupement extrait au moment et à l'intérieur de la mosquée parce que la prière précède par essence de cette volonté délibérée d'être ensemble pour partager un moment de recueillement pour exécuter la pratique d'un culte divin.

Cet attroupement, je le reconnais mais je pense que ce n'est pas de celui là que vous parlez parce que la liberté de religion et de ce culte est proclamée par la Constitution. Encore que cet attroupement là s'est passé dans un lieu de culte et non sur la voie publique. La preuve, cette audience est publique et c'est à ce titre que la salle est pleine de monde et pourtant personne parmi l'assistance n'est poursuivie pour attroupement sur la voie publique

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 16:55

- Bien, essayez d'être plus concis parce que nousn'avons pas beaucoup de temps.

- Monsieur le Président, je risque ma liberté, alors si le temps peut m'être utile, j'en userai sans en abuser.

- J'ai suivi vos arguments, mais contesteriez - vous que vous avez été arrêté alors que vous étiez dans le cortège des manifestants qui marchaient vers la place de l'Obélisque ?

- Cela est exact Monsieur le Président.

- Alors comment pouvez-vous contesterque vous n'avez pas participé à un attroupement ?

-Je l'ai contesté parce que je pense qu'un attroupement est un rassemblement figé de personnes alors que le fait de marcher implique un mouvement dynamique d'une position à une autre. Alors, soit on constitue un attroupement statique soit on marche dans lequel cas la dynamique suppose qu'il n' y a plus d'attroupement. Or, vous venez de me rappeler que j'ai été arrêté alors que je marchais.

- Monsieur le Procureur, vous avez la parole pour vos questions.

- Merci Monsieur le Président. Dites- moi Ibrahima, je conviens avec vous que vous étiez arrêté alors que vous marchiez. Mais vous conviendrez avecmoi qu'avant de marcher vous étiez forcément à l'arrêt, je veux dire dans une station statique ?

- Oui Monsieur le Procureur, si on peut considérer la prière comme une position statique, alors j'étais bien dans cette position parce que j'étais venu prier. Après la prière, je marchais dans la direction qui était la mienne même celle-ci était celle des personnes qui manifesraient.

- Allons Monsieur, ne jouons pas avec les mots, nous sommes en train de cherher la vérité.

- Monsieur le Procureur, je ne joue pas avec les mots. Je ne le ferai d'autant plus que vous me dites chercher la vériter.

Alors, pourquoi m'avez vous mis en prison pour dormir tranquillement chez vous avec votre famille, libre de tous vos mouvements alors que vous ne connaissiez pas la vérité que vous chercher aujourd'hui?

- Ca suffit, ici c'est moi qui pose les questions.

- Alors, j'ai déjà répondu à votre question et je refuse que vous appeliez ma réponse un jeu de mots. Dans tous les cas, c'est vous qui m'accusez et poursuivez et c'est à vous de prouver ma culpabilité en faisant éclater la vérité que vous dites être en train de chercher. Je suis à vous Monsieur le Procureur.

- Je vous interdis de me parler ainsicontentez-vous de répondre à mes questions plûtot que de me rappeler mon travail

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 16:56

Monsieur le Président, j'en ai fini avec le premier délit d'attroupement sur la voie publique.

- Merci Monsieur le Procureur, Monsieur Ibrahima venons en à la participation à la marche non autorisée. Reconnaissez-vous avoir participé à la manifestationnon autorisée?

- Ce vendredi 12 Avril, après la prière, j'ai manifesté mon soutienmoral au peuple Palestinien et du Liban victime de la conspiration du silence par le gouvernement d'Isarël avec le soutien du gouvernement des USA et le silence hypocrite des NOU qui mérite pas le prix nobel de la paix mais plûtot le prix mondail de la guerre et de l'injustice et de l'inutilité.

- Est ce que vous étiez porteur de banderole ?

- Non j'étais porteur d'une pancarte

- Où aviez vous pris cette pancarte?

- Je l'ai ramassée. Il y en avait beaucoup par terre.

- Qu'est ce qui était écrit sur votre pancarte ?

- Il était écrit: " Libérez Arafat"

- Y avait-il d'autres manifestants à côté de vous ?

- Oui.

- Qu'est ce qui était écrit sur leurs pancartes ?

- Je ne me souviens plus. Il y avait beaucoup de slogans.

- Vous reconnaissez dons avoir participé à la manifestation ?

- Non Monsieur le Président. Je reconnais avoir manifesté mon soutien au peuple Palestinien contre le gouvernement des USA qui soutient la cause Israëlienne sans comparaître à mes côtés.

- Pour l'instant c'est vous qui êtes poursuivi.

- Je reconnais, comme me l'autorise notre Constitution avoir manifesté mon opinion sur un problème peu importe que ce soit par une marche personnelle même si d'autres marchaient à côté de moi, je reconnais avoir manifesté mon soutirn en proférant des slogans.

Je recoonais avoir porté une pancarte, autant de choses que me permet notre Constitution. Mais je ne reconnais pas avoir participé à une manifestation parce que cela suppose une concentration préalable, une organisation, une volonté commune d'atteindre le même but. Or, avant ce jour, je n'ai ni vu ni parlé avec aucun des manifestant. Je ne les connais pas. Ils ne me connaissent pas.

Au début de l'interrogatoire, vous aviez vous- même dit que la manifestation dont vous parlez était appelé par des intellectuels. Je n'ai jamais vu ces intellectuels, je n'ai jamais parlé avec eux, alors, pourquoi vouloir vaille que vaille me rattacher à des personnes qui me sont inconnues et ne pas comprendre que j'exprime seul des droits que je tiens de la Constitution même si au même moment, d'autres citoyens excerçaient le même droit que moi. A preuve, je comparais seul devant votre Tribunal sans savoir où ils sont ni ce que ces intellectuels sont devenus.

D'ailleurs, si l'on suit notre logique, tant qu'il n'est pas établi que ces intellectuels ont appelé à cette manifestation, que cette manifestation n'était pas autorisée, je ne peux être poursuivi pour un délit inexistant.

Convenez vous Monsieur le Président qu'une seule personne, celle que je suis, soit poursuivie pour une manifestation générale non autoriée cela heurte le bon sens.

- Ca va, je vous rappelle qu'ici, c'est moi qui ménent les débats. Contentez vous de répondre aux questions et gardez vos réflexions pour vous. Monsieur le Procureur, vous avez la parole pour vos questions.

- Monsieur Ibrahimz saviez vous que cette manifestation était interdite ?

- Non, faudrait-il d'abord que j'y participe pour le savoir. Moi je manifeste il n'est pas encore prouvé que ma manifestation était interdite et que je sache, cela n'est pas possible tant que la Constitution n'est amendée.

- Tenez, regardez l'arrêté d'interdiction du préfet.

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 16:57

- Merci Monsieur le Procureur. J'ai trop de respect popur notre Constitution pour penser qu'un acte administratif puisse la contredire. Je vois qu'apparemment nous ne parlons pas de la même manifestation. Il y a mon soutienau peuple Palestinien que j'assume et il y a une autre manifestation dont vous parlez.

- Qu'est ce qui me prouve que vous ne faisiez pas partie de la manifestation dont je vous parle ?

-C 'est moi qui pose des questions. Je vous le dis pour la dernière foi. Jen ai terminé Monsieur le Président.

- Nous allons passer à l'atteinte à l'ordre public. Reconnaissez vous avoir porté atteinte à l'ordre public ?

- Monsieur le Président, il m'est difficile de répondre à votre question parce que je nesais pas ce que vous entendez par l'ordre public.

- Si vous ne pouvez pas répondre ou ne voulez pas répondre, vous pouvez le dire. C 'est votre droit mais il ne m'appartient de vous définir l'ordre public.

- Je ne reconnais pas.

- Pourquoi

- Parce que pour moi, l'ordre public c'est l'ordre que les citoyens ont entendu librement établir, pourvu qu'ils ne violent pas les lois et le réglements de la République. Par conséquent, ce jour là, c'est cet ordre que les citoyens avaient choisi et jusqu'ici, je ne vois en quoice choix a viloé les lois et réglements.

L'ordre public, ce n'est pas celui que veut et souhaite l'Etat armé par la force publique. C'est justement cette force publique qui a chargé les personnes en les bastonnant, en leur lançant des gaz lacrymogènes et en les interpellant, qui violé et porté atteinte à l'ordre public que les citoyens avaient entendu établir. Ma conviction est que sur ce point, les véritables assassins de l'ordre public, ce sont les policiers et les gendarmes qui agissaient sous les ordres de l'Etat qui sont seuls et uniques responsables de cette situation.

- Surveillez votre langage, il peut vous mener lui.

- Dans la démocratie où nous sommes prétendument être, l'Etat est un justiciable comme moi et je l'accuse d'être unique auteur de ce délit de trouble à l'ordre public.

Le Procureur se lève et dit.

- Monsieur le Président, je demande que ces propos soient consignés dans le plumitif.

Et ce fut fait.

Le Président en profita pour lui donner la parole.

- Monsieur Ibrahima, vous marchiez sur la chaussée ou sur le trottoir ?

- Il y en avait qui marchaient sur le trottoir et d'autres sur la chausée.

- Et vous où marchiez vous ?

- Sur le trottoir.

- Est ce que la circulation des véhicules était perturbée ?

- Oui.

- Quelle heure était-il ?

- Je ne sais, après la prière.

- C'était donc l'heure de retourner au travail ?

- Moi, je ne travaille pas. Je suis étudiant.

- Mais les autres qui ne sont pas étudiants, ils devaient retourner au travail?

- Je ne sais pas s'ils travaillent . Je sais simplement qu'il y a peu de travailleurs dans ce pays et beaucoup d'agresseurset de chômeurs qui sont si désespérés qu'ils n'hésitent pas en enfourcher des pirogues pour Barça ou Barsak.

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Re: les couleurs de la conscience
Auteur: krissa
Date: 03-08-2006 17:03


- Qu'est ce que vous avez fait quand vous êtes arrivés à l'Obélisque ?

- Je ne sais pas. Je ne suis pas arrivé à l'Obélisque. Quand j'ai senti la fatigue me gagner, je me suis arrêté à une buvette pour boire du jus d'orange.

Apres je cherchais un taxi pour rentrer. C'est à ce moment que les policiers et gendarmes m'ont tabassé, insulté, brisé ma pancarte et embarqué dans le panier à salade .

- Cela nous ramène à la prévention sur la rebellion. Vous avez reconnu, il y a quelques instants, que quand on vous arrêtait vous étiez en train de marcher. N'est ce pas ?

- Oui.

- Expliquez vous.

- Pour moi, ma manifestation était terminée. Je me suis arrêté à la buvette pour me désaltérer. Les autres étaient loin devant moi. Je marchais sur le trottoir avec ma pancarte pour chercher un taxi. Le reste le savez.

- C'est quoi le reste ?

- Les coups, les injures, la police, le déférement devant le Procureur, le mandat de dépôt et la comparution devant vous.

- Il est à vous Monsieur le Président.

Le Président consulta ses deux conseillers puis dit :

- Avez -vous autres choses à déclarer avant que les débats ne soient clos ?

- Monsieur le Procureur, vous avez la parole pour vos réquisitions.

- Merci Monsieur le Président, je requiers l'application de la loi.

- Oui, Monsieur Ibrahima.

- Oui, je ne reconnais pas uncun des délits qui me sont reprochés. Je reconnais à ma manière et à ma convenance avoir exprimé mon soutien au peuple Palestinien. Cela j'assume. C'est tout ce que j'ai à déclarer..

- Bien le Tribunal met l'affaire en délibérée pour le jugement être rendu dans deux jours l'audience est suspendu.

Le Tribunal sortait, la foule se levait, Ibrahima regagnait le box des accusés.

Arrivé à sa place, il aperçut dansle public, Pape Sidy, Saly, Oumar, Assane et toute la famille de Yacine. Ils lui faisaient tous des signes de félicitations et d'encouragements.

Deux jours après, au même endroit le Tribunal vidait son délibéré alors Ibrahima était debout à la barre impassible.

" -.........
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# Posté le vendredi 13 octobre 2006 11:57

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